L’appel du Macédonien. Un mythe biblique fondateur de la mission ?

Tome 83 - 2008/2 |

S’il est un texte biblique que la littérature missionnaire du xixe siècle cite abondamment, c’est bien l’appel du Macédonien relaté dans le livre des Actes apôtres (16, 6-10). Figure du païen type, le Macédonien appelle les missionnaires à se rendre aussi bien dans les contrées du monde qui n’ont jamais reçu l’évangile que dans les banlieues des villes européennes qui l’ont oublié. Dans cette étude de deux cas d’appel du Macédonien, l’un venu du Lesotho, l’autre de Belleville, Jean-François  […]


Le mythe afrikaner du « peuple élu de Dieu » ou le long treck des calvinistes sud-africains

Tome 83 - 2008/2 |

Le mythe du peuple élu de Dieu est commun à plusieurs nations chrétiennes ou juives. Par ce titre autoproclamé, elles justifient, ou ont justifié, à la fois leur existence, leur droit à être propriétaire de la terre sur laquelle elles vivent, et les actes qu’elles peuvent, ou ont pu, perpétrer à l’encontre d’autres populations vivant sur le même territoire. Les Afrikaners ont relevé de ce schéma pendant de nombreuses années avant qu’ils ne renoncent à l’apartheid et acceptent […]


Le rôle neutralisant du mythe à l’âge confessionnel. L’exemple de Jean-Conrad Dannhauer (1603-1666)

Tome 83 - 2008/2 |

Chaque confession réclamant pour ses certitudes particulières une validité universelle, c’est surtout la concurrence des convictions qui, à l’époque moderne, apparaît comme générale et commune. Dans cette compétition globale, les tentatives de recourir au mythe pour rendre plausible par une narration contingente une vérité supra-individuelle s’avèrent à long terme illusoires. Daniel Bolliger en trouve un exemple éclairant dans l’utilisation du mythe d’Œdipe par le luthérien strasbourgeois Jean-Conrad Dannhauer (1603-1666) : loin de renforcer la validité des convictions confessionnelles, l’incantation […]


« Bible, mythe et théologie » (Présentation)

Tome 83 - 2008/2 |

Les trois articles qui suivent sont issus d’un cours public donné à l’automne 2006 à la Faculté de théologie protestante de Montpellier sur le thème « Bible, mythe et Théologie ». Les autres contributions à ce cours ont été publiées sous la direction d’Elian Cuvillier et de Jean-Daniel Causse dans Mythes grecs, mythes bibliques, l’humain face à ses dieux (Paris, Cerf, coll. « Lire la Bible », 2007).


Le péché originel : un héritage défectueux

Tome 83 - 2008/1 |

La doctrine du péché originel a marqué d’une manière négative non seulement la théologie, mais, s’il faut en croire Nietzsche, la civilisation occidentale tout entière. C’est en général à saint Augustin qu’est reprochée la sombre tradition qui entoure l’idée du péché originel, notamment, de par le lien qu’il établit entre la procréation et la transmission du péché originel.Martin Henry suggère ici que malgré son pessimisme apparent, la doctrine du péché originel pourrait bien recéler un message inattendu d’espérance.


Le péché originel. Approche paulinienne

Tome 83 - 2008/1 |

Rm 5, 12-21 est depuis bien longtemps considéré par la tradition chrétienne comme un texte décisif sur le péché originel et ses conséquences, avec en regard la manière inouïe dont Dieu y a gracieusement et surabondamment porté remède. Le texte est pourtant aussi mystérieux que le sujet dont il traite. Jean-Noël Aletti en éclaire ici les enjeux et les points saillants.

Cet essai s’inspire d’un précédent, en le reprenant en partie : « Romains 5, 12-21. […]


Chorismos, methexis et coïncidence des opposés. Ernst Cassirer interprète du platonisme de Nicolas de Cues

Tome 85 - 2010/3 |

Les travaux d’Ernst Cassirer sur la philosophie de la Renaissance présentent le platonisme de Nicolas de Cues comme une figure annonciatrice du criticisme de Kant. Marc Boss montre que cette historiographie néokantienne ne réduit pas la philosophie du Cusain à sa théorie de la connaissance, mais qu’elle en souligne les implications spéculatives et théologiques en interprétant la « coïncidence des opposés » à la lumière de la dialectique platonicienne entre chorismos et methexis.


Il n’y a de grâce qu’insensée

Tome 85 - 2010/3 |

Considérant la triade conceptuelle « don », « grâce » et « participation »,Jean-Daniel Causse se propose d’étudier particulièrement l’axe qui relie la grâce à la participation. Après avoir rappelé quelques lieux classiques de la discussion théologique, il montre que la grâce chrétienne se caractérise par une démesure qui est qualitative et non pas quantitative. Le « surcroît » de la grâce a ceci de spécifique qu’il permet à l’être humain de ne pas s’identifier avec ce qu’il sait de lui ou avec la place à […]


Participation et individuation. Maurice Leenhardt (1878-1954) à la croisée des chemins de l’ethnologie et de la missiologie

Tome 85 - 2010/3 |

Missionnaire protestant en Grande Terre (Nouvelle-Calédonie) de 1902 à 1926 au moment où de nombreux savants décrivent encore les peuples primitifs sur la base des récits d’explorateurs sans sortir de leur cabinet, Maurice Leenhardt se découvre une vocation d’ethnologue de terrain. Disciple de Lucien Lévy-Bruhl, il fait évoluer son concept de participation en l’interprétant non plus comme une manière d’être du « non-civilisé », mais comme l’expression d’une pensée mythique à partir de laquelle surgit la personne kanak […]


Quand la faiblesse est donnée… Kénose et participation au temps du nihilisme

Tome 85 - 2010/3 |

Dans cet article, Guy Jobin envisage la kénose en tant que modalité du don. Après une esquisse historique et thématique des discours théologiques sur la kénose, il examine l’éthique philosophique de la kénose de Gianni Vattimo et les critiques théologiques qui lui sont faites, puis discute le déplacement conceptuel que la reprise contemporaine de la kénose peut faire subir au concept de participation.