Avant-propos

Tome 89 - 2014/3 |

Les analyses qui suivent ont été présentées lors d’un colloque de l’École doctorale de théologie de la Conférence universitaire de Suisse occidentale (CUSO), qui se tint à Fribourg (Suisse) les 6 et 7 décembre 2013. Ce colloque était organisé conjointement par Claire Clivaz (professeur de Nouveau Testament à l’université de Lausanne) et le soussigné (théologien systématique à l’université de Genève). Les organisateurs souhaitaient susciter un dialogue entre spécialistes du Nouveau Testament, historiens de la théologie et théologiens systématiques […]


Genèse religieuse de l’Etat laïque. Textes choisis de Roger Williams

Tome 88 - 2013/1 |

Marc BOSS, éd.,

Textes établis à partir des éditions originales avec introduction,
notice éditoriale, notes et sources documentaires annexes

Traduction de

Mireille HÉBERT

sous la direction de Marc BOSS

Préface de

Jean BAUBÉROT

 

 

 

Ce hors-série d’Études théologiques et religieuses présente quelques œuvres phares d’un auteur singulièrement méconnu du public français : le pasteur Roger Williams (c. 1603-1683), père fondateur de la colonie de Rhode Island.

Dans la Préface, Jean Baubérot souligne l’apport atypique et pourtant décisif de […]


La pseudépigraphie, entre vérité et radicalisme ?

Tome 88 - 2013/4 |

À partir du questionnement de Michel Foucault sur le statut de la vérité et de la critique du vraisemblable de Roland Barthes, Pascale Renaud-Grobras se demande quelle reformulation donner à ce qui serait la vérité de l’Évangile, entre vérité du sujet dans le mi-dire et radicalité évangélique toujours singulière et nouvelle. Si, pour les chrétiens, la vérité est une personne, de quelle vérité s’agit-il ? Si, pour les pseudépigraphes, la vérité est dans la radicalité, de quelle radicalité s’agit-il, […]


Kierkegaard et le pseudonyme. Une figure de la vérité

Tome 88 - 2013/4 |

Dans l’œuvre de Kierkegaard, le pseudonyme occupe la fonction paradoxale de révélateur de la vérité. Après avoir distingué la pseudépigraphie de la pseudonymie, la première supposant une écriture placée sous un nom faisant autorité, ou jouissant d’une reconnaissance, la seconde supposant au contraire l’anonymat et donc l’effacement du nom, Jean-Daniel Causse montre que le pseudonyme intervient d’abord sur la scène mélancolique de l’existence de Kierkegaard lui-même, témoignant ainsi d’une façon de se faire spectateur de soi. On voit […]


Pseudépigraphies. Crypto-Paul, deutéro-Paul, trito-Paul et quarto-Paul

Tome 88 - 2013/4 |

L’analyse que François Vouga propose des passages autobiographiques du corpus des lettres de Paul (2 Co, Ep, 2 Tm, 1 Tm) fait apparaître la pseudépigraphie comme une forme de fiction littéraire permettant de maintenir vivante la parole de l’apôtre et de rendre compte de l’actualité de l’Évangile pour l’universalité de l’humanité. Les écrits pseudépigraphes ne doivent pas être considérés comme des faux : leur propos ne consiste pas à se faire passer pour des lettres originales de Paul. Au contraire, […]


Vérité et historicité de la fiction littéraire. La Seconde épître aux Thessaloniciens comme pseudépigraphe

Tome 88 - 2013/4 |

Par le truchement de la pseudépigraphie, l’auteur de la seconde aux Thessaloniciens actualise l’eschatologie paulinienne à destination de l’ensemble des communautés fondées par l’apôtre ; il s’agit pour lui d’être fidèle au message de Paul tout en assurant sa réception dans un contexte nouveau. Pour étayer cette thèse, Élian Cuvillier examine les conditions d’émergence et les raisons de la pseudépigraphie paulinienne, les principaux arguments relatifs à l’hypothèse pseudépigraphique de 2 Th, l’impasse de l’interprétation de 2 Th comme pseudépigraphe dès […]


La critique textuelle de l’Epître de Jude et la pseudépigraphie

Tome 88 - 2013/4 |

La critique textuelle du Nouveau Testament éclaire la question pseudépigraphique dans la mesure où la réception d’un écrit dans l’Église ancienne est indissociable de sa diffusion dans la tradition manuscrite. David Pastorelli confronte l’Épître de Jude aux différents types de textes connus (« occidental », alexandrin et byzantin). L’Épître est largement attestée dans le type alexandrin dès la fin du IIe siècle, mais les auteurs alexandrins savent qu’elle n’est pas admise par toutes les Églises. La Syrie est vraisemblablement visée : […]


Pourquoi écrire sous le nom d’un autre ? Hypothèse sur le phénomène de la pseudépigraphie néotestamentaire

Tome 88 - 2013/4 |

Comment expliquer que certains textes du Nouveau Testament soient pseudépigraphes ? Après avoir passé en revue les différentes hypothèses, Régis Burnet finit par conclure que l’explication la plus plausible du phénomène se trouve dans un travail de relecture de l’œuvre d’un apôtre opérée par ses disciples. Il met cependant en garde contre ce que cette position pourrait présenter d’irénique, en rappelant qu’écrire sous le nom d’un autre n’était jamais une opération innocente dans l’Antiquité : cette pratique doit donc interroger nos notions […]


La sybille « bru et parente » de Noé. Fonction de la pseudépigraphie dans le Pentateuque

Tome 88 - 2013/4 |

Pour comprendre la pratique pseudépigraphique à l’œuvre dans les Oracles sibyllins, Alexandre D’Helt examine d’abord l’originalité de leur pratique par rapport aux écrits apocalyptiques du judaïsme hellénistique, puis les figures mobilisées au sein du troisième livre des Oracles et, enfin, la perméabilité de ces textes aux motifs généralement attribués à la pseudépigraphie.


Pourquoi fait-on écrire Moïse ? Réflexions sur l’écriture et la pseudépigraphie dans le Pentateuque

Tome 88 - 2013/4 |

Dans cette réflexion sur la pseudépigraphie et l’Ancien Testament, et en particulier le Pentateuque, Dany Nocquet montre combien l’acte d’écriture, inscrit au cœur même de la révélation biblique, hérite de représentations du Proche-Orient ancien selon lesquelles l’écriture est d’origine divine. C’est pourquoi les auteurs bibliques n’ont aucune peine à « faire écrire », soit Moïse, soit Dieu. Le phénomène pseudépigraphique est concomitant à la révélation écrite et à sa communication. C’est pourquoi l’émergence du livre de la Torah est un avènement […]