Arrivant au terme de son enseignement, Jean Ansaldi dédie ce texte à ses collègues systématiciens francophones (surtout les éthiciens) qui l’ont enrichi par leurs productions mais aussi par le débat fraternel qui n’a jamais cessé. Dans ces pages, il résume et affine l’essentiel de son cheminement en éthique théologique. Celle-ci ne peut occuper une position royale, tranquille et dominante dans un champ étale en raison même de l’hiatus de la foi : le Christ a tout accompli son salut est pleinement offert aux fidèles ; dans le même temps son Règne n’est effectif que là où il est reçu et non sur le monde des hommes et des choses qui vivent encore sous la loi. Dès lors, l’éthique théologique est traversée par une faille provisoirement incomblable puisqu’elle concerne des fidèles qui d’une part, vivent dans la foi et donc sans la loi (pas de troisième usage) et, d’autre part, s’inscrivent dans le monde et donc sous la loi (premier usage).
p. 409-428
Auteur
ANSALDI Jean
Jean ANSALDI (1934-2010), pasteur de l'Eglise réformée de France, a été professeur d'éthique à la Faculté de théologie protestante de Montpellier de 1977 à 1997.
Le comité de rédaction d'ETR souhaite avertir ses lectrices et lecteurs des conclusions de la Commission Reconnaissance et Réparation (commission d'enquête mandatée par l'Église protestante unie de France et l'Institut protestant de théologie) à l'égard de Jean Ansaldi. Ce dernier « a gravement abusé de sa position de pasteur, de profession, de doyen de la faculté, de membre du conseil pastoral de la communauté de Villeméjane, pour agresser sexuellement et violer des femmes qu'il accompagnait dans le cadre de soi-disant "thérapies, psychanalyses ou accompagnements spirituels". Occupant toutes les places (pasteur, enseignant, thérapeute), la pratique de Jean Ansaldi est décrite par les personnes victimes comme une emprise toxique et destructrice, comme un système de domination totale » (cf. Communiqué conjoint de l'EPUdF et de l'IPT, le 26 mai 2025).
