Jung ou Freud. À propos d’un livre récent

Par son travail sur Jung (Bernard KAEMPF, Réconciliation, psychologie et religion selon Carl-Gustav Jung, (Extasis), Paris : Cariscript, 1991. 21,5 cm. 320 p.), le théologien de Strasbourg Bernard Kaempf comble un manque dans l’édition théologique francophone. Mais il pose aussi une pierre d’angle en face de laquelle il faut choisir aussi consciemment que possible. Dans une première partie, l’auteur nous offre un parcours diachronique présentant le cheminement difficile de Jung avec lui-même, avec Freud, avec ses figures parentales et quelques autres. La seconde partie me paraît capitale o!, de manière plus synchronique, l’auteur analyse les plus importants concepts jungiens : dialectique du conscient et de l’inconscient, rêve, âme et psyché, symboles, archétypes, polarités et paradoxes, etc. La troisième partie est consacrée à l’aspect théologique de la pensée de Jung : différence entre « Dieu » et « Images de Dieu », le paradoxe en Dieu, le Soi et l’individuation, le Christ comme symbole du Soi, la place du Saint-Esprit, la mystique et l’éthique, etc. Sous le titre de « Réconciliation », l’auteur regroupe au moins deux thèmes : la réconciliation progressive de Jung avec la théologie ; mais aussi le Soi et son image qui est en Christ comme « lieu » de réconciliation de l’homme avec les opposés et les tensions qui l’habitent.

p. 255-258

Auteur

ANSALDI Jean
Jean ANSALDI (1934-2010), pasteur de l'Eglise réformée de France, a été professeur d'éthique à la Faculté de théologie protestante de Montpellier de 1977 à 1997. Le comité de rédaction d'ETR souhaite avertir ses lectrices et lecteurs des conclusions de la Commission Reconnaissance et Réparation (commission d'enquête mandatée par l'Église protestante unie de France et l'Institut protestant de théologie) à l'égard de Jean Ansaldi. Ce dernier « a gravement abusé de sa position de pasteur, de profession, de doyen de la faculté, de membre du conseil pastoral de la communauté de Villeméjane, pour agresser sexuellement et violer des femmes qu'il accompagnait dans le cadre de soi-disant "thérapies, psychanalyses ou accompagnements spirituels". Occupant toutes les places (pasteur, enseignant, thérapeute), la pratique de Jean Ansaldi est décrite par les personnes victimes comme une emprise toxique et destructrice, comme un système de domination totale » (cf. Communiqué conjoint de l'EPUdF et de l'IPT, le 26 mai 2025).