Edito

Montpellier, le 7 décembre 2017

 

 

       Chers lecteurs, chers amis

       2017 aura été une année féconde. Que de livres parus, que de débats engagés !

     Les Études théologiques et religieuses ont inauguré cette année commémorative par un volume de Textes réformateurs inédits. Elles la clôturent ce mois-ci avec la récente parution dans sa collection des Hors-séries de la Confessio Augustana Græca qui, dans un même écrin, offre une analyse fouillée du texte et du contexte de sa rédaction à l’appui d’une double traduction de ses éditions grecques et latines originales. Ce Hors-série, qui vient s’intercaler dans le calendrier éditorial habituel – déjà rétrécit par les congés d’hiver de notre imprimeur –, nous contraint à décaler exceptionnellement la livraison du 4e trimestre au mois de janvier.

     Ce volume supplémentaire (qui paraît hors abonnement), tiré à trois cents exemplaires encore disponibles à la commande, est une façon heureuse de clore le temps des célébrations sans cesser de donner à considérer la richesse textuelle de la Réforme, qui résonne cette fois-ci du côté de l’Orient, lorsque les réformateurs ambitionnaient de dialoguer avec Constantinople. Voici désormais à porter de main l’histoire longtemps énigmatique de cette version grecque de la Confession d’Augsbourg jusqu’alors disséminée en maintes bibliothèques. À près de cinq siècles d’intervalle, elle ne s’adresse pas aux seuls luthériens ni spécialistes du luthéranisme, mais bien à tous ceux d’entre vous qui, plus largement, s’intéressent au dialogue interreligieux.

     L’édition de sources relève d’un choix délibéré qui, d’un bout à l’autre de cette année un peu particulière, entend célébrer le parti-pris de l’échange et de la réflexion, en offrant de partir à la rencontre des textes et des hommes qui les élaborent. C’est une façon d’aller à la racine des idées et de se décentrer de nos propres lectures du monde en embrassant d’autres horizons de connaissance. Plus exigeantes sans doute, mais autrement prometteuses, ces sources nous confrontent, de manière personnelle et directe, à un ailleurs. Elles ont pour elles d’offrir à quiconque veut bien les approcher une expérience unique, en cela qu’elles mettent le lecteur aux prises avec la pensée et la culture d’un autre que lui-même en le projetant d’emblée dans un face-à-face, et déjà dans un dialogue. Ces sources sont pareilles à un métier à tisser entre l’histoire et l’aujourd’hui. Un métier à tisser une pensée active. En mouvement. En partage. C’est pourquoi nous vous espérons nombreux à faire le choix audacieux du texte avant que ne revienne le temps des synthèses. Profitons encore un peu de cette aubaine qui nous est donnée à chacun d’aller à l’essentiel, fouiller les richesses encore brutes, là où s’amorce l’histoire.

     ETR fait une nouvelle fois le pari de la curiosité et compte sur votre appétit sinon votre gourmandise ! Votre appétence est un encouragement à poursuivre l’effort. Un gage d’exigence. Prenant en considération la différence contre l’indifférence, la revue continuera, avec vous, de réfléchir à la place du religieux dans la cité, en se plaçant au creuset des cultures, là où bat le cœur de l’humanité. Là où réside la possibilité même d’une rencontre entre les hommes.

     Débattre ne sera jamais une vaine entreprise. Mais cela ne peut se faire sans vous.

     En vous espérant fidèles et heureux à l’idée de cet horizon de partage.

     Avec mes vœux les meilleurs pour l’année qui s’annonce.

 

 

Chrystel Bernat
Directrice de la publication

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