Pseudépigraphie et littérature apocryphe. Retour sur une pratique ancienne à la lumière de la mémoire culturelle

Dans cet article, Frédéric Amsler montre que la pseudépigraphie est un concept complexe dont le principal enjeu dans la discussion scientifique actuelle est de savoir s’il comporte ou non un caractère frauduleux. L’approche par la mémoire culturelle proposée par Maurice Halbwachs lui permet de défendre l’hypothèse selon laquelle, dans le premier christianisme, la pseudépigraphie n’est pas une forme de fraude, mais un choix délibéré d’un groupe qui, au moment où la question de son identité l’emporte sur le témoignage oculaire parce que le souvenir de Jésus s’est estompé, a affirmé son existence par une doctrine qui avait besoin de se fixer littérairement en se légitimant par des noms d’emprunt.

 

Pseudepigraphy is a complex concept that continues to provoke discussion amongst scholars as to whether or not it contains an element of deception. Maurice Halbwachs’ cultural memory approach supports the hypothesis that in first century Christianity pseudepigraphy is not an intent to deceive, but a deliberate choice made by a group whose identity became more important than the actual eyewitness testimony, because the historical memory of Jesus of Nazareth had faded with time, sustained by a doctrine that needed to be established in written form, and that was legitimated through the use of pseudonyms.

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p. 541-561

Auteur

AMSLER Frédéric
Frédéric AMSLER est professeur ordinaire à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’université de Lausanne. Il est directeur de l’Institut romand des sciences bibliques (IRSB).