La question du Jésus historique chez Ernst Käsemann revisitée à partir de la « troisième quête »

Dans les années 1950, sous l’impulsion d’Ernst Käsemann, une « deuxième quête du Jésus historique » a renoué, à sa manière, avec la quête qui avait occupé les théologies libérales et la culture laïque à partir des Lumières et tout au long du XIXe. Pierre Gisel en trace ici le profil, le contexte et les suites, revenant du coup sur la recherche du XIXe (Strauss, Harnack, etc.) et ce qui l’avait suspendue après 1914-1918. L’article met enfin l’ensemble en perspective à partir d’une « troisième quête », née aux États-Unis il y a une vingtaine d’années, et qui privilégie une approche non canonique et une meilleure connaissance de la diversité du judaïsme du temps de Jésus. L’ensemble de cette relecture d’une page de la théologie en modernité est l’occasion de poser quelques questions théologiques fondamentales.

Version française de « Ernst Käsemann’s Quest for the Historical Jesus Revisited in Light of the ‘Third Quest' », texte préparé pour un symposium qui a eu lieu les 28-30 avril 2004 et dont les Actes paraissent sous le titre Sourcing the Quests. The Roots and Branches of the Quest for the Historical Jesus (Peter De Mey, dir.), Louvain : Louvain Theological and Pastoral Monographs, 2004.

During the 1950s, under the influence of Ernst Käsemann, a « second quest of the historical Jesus » resumed in its own way the quest which occupied liberal theology and secular culture from the Enlightenment throughout the 19th century. Pierre GISEL outlines its profile, its context, and outcomes, thus revisiting 19th century research (Strauss, Harnack, etc.) and what stopped it after WWI. Situating this from the perspective of the « third quest » initiated in the United States two decades ago, characterised by a non-canonical approach and a deeper understanding of the diversity within 1st century Judaism, he raises some fundamental theological questions.

 

p. 451-463

Auteur

GISEL Pierre
Pierre GISEL est professeur honoraire de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne.