Bayle « stratonicien » ? À propos d’un livre récent

L’étude que Gianluca Mori a publiée sur Bayle philosophe constitue, dans l’histoire de l’interprétation de la pensée du philosophe de Rotterdam, une étape majeure, analogue à celle qu’Elisabeth Labrousse lui a consacrée dans Hétérodoxie et rigorisme en 1964 ­ dont l’auteur conteste d’ailleurs à maintes reprises les thèses. Quiconque s’est aventuré dans le lacis des textes de Bayle sait combien l’exercice de synthèse est périlleux. En l’occurrence, G. Mori est parvenu à proposer une présentation cohérente, extrêmement solide, basée sur une méthodologie rigoureuse. Après un chap. sur « Interpréter la philosophie de Bayle » (qui reprend une communication faite au colloque du Carla-Bayle en 1996, cf ETR 1999/3, 468) dans lequel il expose ses bases herméneutiques, Mori étudie successivement les Objections à Poiret, le rapport complexe que Bayle entretint avec Malebranche, son interprétation de Spinoza, la question de l’athéisme et du fidéisme, celle de la conscience et de la tolérance, et propose une réflexion sur le pessimisme « anti-augustinien » de Bayle.
L’objet de la présente note est de s’arrêter au chap. 5, « Athéisme et fidéisme » (189-271).

p. 407-411

Auteur

BOST Hubert
Hubert BOST a enseigné l’histoire de la théologie à l’IPT, Faculté de Montpellier de 1986 à 2003. Il est directeur d’études à l’École pratique des hautes études (chaire « Protestantismes et culture dans l’Europe moderne, XVIe-XVIIIe siècles ») et depuis novembre 2013 Président de l'EPHE.