La Grande Guerre. La non-violence dans le protestantisme français et ses traductions littéraires

Des protestants français ont joué un rôle dans l’émergence du pacifisme radical ert de la non-violence au cours de la Première Guerre mondiale. Les valeurs et les gestes de Bertin Aguillon et Jules-Philippe Guiton, deux jeunes pasteurs méthodistes morts en 1914 et 1917, sont bien documentés, le second ayant tenu un journal récemment publié. Il en va différemment du Cévenol Roux et des frères Berthalon du Dauphiné qui, durant des années, se sont retranchés dans la montagne. Leur destin a été abordé dans deux romans qui ont fait date : Roux le Bandit (1925) d’André Chamson et L’homme de la grotte (1949 de Benjamin Vallotton. Ces auteurs protestants ont-ils imputé une signification biblique à des comportements qui relevaient peut-être d’un autre  univers ? Les frères Berthalon étaient-ils darbystes ? Patrick Cabanel propose de rouvrir le dossier de ce pacifisme radical protestant, entre histoire et littérature.

 

 

The Great War: Non-violence in French Protestantism and its Literary Translations

French protestants played a part in the emergence of radical pacifism and non-violence during the First World War. The values and actions of Bertin Aguillon and Jules-Philippe Guiton, two young methodist ministers who died in 1914 and 1917, are well documented, the latter having kept a diary that has recently been published. This is not the case of Cévenol Roux and the Berthalon du Dauphiné brothers who, for many years, took refuge in the mountains. Their destiny figures in two milestone novels : Roux le Bandit (1925) by André Chamson and L’homme de la grotte (1949) by Benjamin Vallotton. Did these protestant authors impute biblical significance to behaviour which had maybe a different origin? Were the Berthalon brothers Darbyites? Patrick Cabanel suggests opening this chapter on protestant radical pacifism, between history and literature.

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p. 21-36

Auteur

CABANEL Patrick
Patrick CABANEL a été professeur d'histoire contemporaine à l'université Toulouse-Le Mirail de 1999 à 2015. Il est directeur d'études à l'EPHE (chaire « Histoire et sociologie des protestantismes »).