L’Empire romain, un défi politico-religieux pour le judaïsme antique

Le peuple d’Israël fut confronté à de nombreux empires au cours de son histoire, mais Katell Berthelot considère que l’Empire romain représenta un défi particulier pour la pensée juive. Non seulement les défaites se multiplièrent face à Rome, mais la destruction du temple et de Jérusalem s’accompagna de la fondation d’une colonie romaine, Aelia Capitolina, en lieu et place de Jérusalem, suggérant ainsi que Rome se substituait à Israël. Si l’Empire romain représenta une gageure pour le peuple juif, c’est aussi parce que la politique impérialiste de Rome fut avant tout menée au nom du peuple romain et de son destin exceptionnel, et que le choix de Rome par les dieux comme la mission qui lui était dévolue pouvaient, dans une perspective juive, apparaître comme paradoxalement semblables à l’élection et à la vocation d’Israël.

The people of Israel was confronted with numerous empires throughout Antiquity, but the Roman empire represented a special challenge for Jewish thought. Not only did the Jews experience several defeats in front of Rome, but the destruction of the Temple and of Jerusalem was followed by the foundation of a Roman colony, Aelia Capitolina, in place of Jerusalem, a fact which could lead Jews to think that Rome was replacing Israel. Another reason why the Roman empire represented a special challenge for the Jews was that Roman conquests and domination were established first and foremost in the name of the Roman people and of its exceptional destiny ; moreover, the choice of Rome by the gods and the mission attributed to Rome could, from a Jewish perspective, look paradoxically similar to Israel’s election and vocation.

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p. 339-349

Auteur

BERTHELOT Katell
Katell Berthelot est directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique, membre du Centre Paul Albert-Février, Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale (CPAF-TDMAM, UMR 7297, CNRS-Aix-Marseille Université), lié à la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH).