Guerre sainte en Israël. Genèse de l’exigence deutéronomiste d’une adoration absolue et inconditionnelle de Yhwh

Écrire au sujet du concept deutéronomiste de heræm – qui signifie « interdit, anathème » ou « part (de butin) consacrée à Dieu » (Lv 27,28) – constitue un grand défi, l’année ou l’État moderne d’Israël fête ses 70 ans alors que la situation tendue en Palestine perdure. Le concept rappelle celui de la guerre sainte, tel qu’il est employé aujourd’hui dans le discours politique lorsqu’il est question de Daesch, en référence à l’islam et au Coran. C’est pourquoi il est important de faire remarquer, dans le cadre du dialogue entre les religions monothéistes, que ce thème n’est pas étranger à la Bible. Il faut cependant prendre en compte l’histoire culturelle et déterminée dans le temps de son interprétation et de sa réception pour faire  face au préjugé selon lequel la violence est un trait typique de toutes les religions monothéistes qui l’utilisent comme un moyen pour défendre leurs convictions. À partir de trois textes du livre du Deutéronome (Dt 7 ; 13 ; 20), Michaela Bauks examine le glissement de sens que le terme subit au sein de la tradition deutéronomiste elle-même et en montre les conséquences quant à la compréhension du concept dit de guerre sainte.

 

Writing about the deuteronomic concept of ḥeræm – which means « forbidden, anathema » or « part (of booty) devoted to God» (Lev 27,28) – is a great challenge the year the modern state of Israel celebrates its 70 years of existence, with the Palestine crisis still very much alive. It recalls the concept of holy war, as it is used today in politics with reference to Isis, Islam and the Koran. In a dialogue between the monotheistic religions it is important to note that the theme is no stranger to the Bible, but that the cultural history at the time of its interpretation and reception must be taken into account in face of the bias that violence is a typical characteristic used by monotheistic religions to defend their convictions. Supported by three texts (Deut 7 ; 13 ; 20), Michaela Bauks examines the shift in meaning the word suffers and pinpoints the consequences on the understanding of the concept of holy war.

p.59-71

Auteur

BAUKS Michaela
Michaela BAUKS est professeur de théologie biblique à l'Université de Koblenz-Landau.