« Celui que voilà était mort et il est revenu à la vie » La résurrection de Lazare au prisme de l’expérience psychanalytique

Le hasard veut que la proposition de commenter le récit de la résurrection de Lazare tombe au moment où l’enterrement d’un ami remet en scène ce récit. Ainsi, le texte ancien fait irruption au cœur du plus brûlant des réels. Autre feu : celui évoqué par Freud, et repris par Lacan, d’un rêve étrange où le fils mort s’adresse à son père : « Père ne vois-tu pas que je brûle ! » D’une association à l’autre, Pierre Isenmann suggère que le récit de l’Évangile, puis le commentaire d’Élian Cuvillier, ouvrent à d’autres rencontres. Comme le Christ (en Jean 9), la psychanalyse n’a pas vocation à expliquer le symptôme, ni la mort. Elle contribue à les inscrire, l’un comme l’autre, dans la vie. Cette ouverture à la vie (résurrection) dont parle le texte ne s’éclaire pourtant ni de l’intelligence théologique ni de « la science de tous les mystères ». Elle passe par les larmes d’un Jésus touché par le désespoir de Marie. Alors la résurrection concerne chacun des personnages, ceux du récit comme le lecteur, à ce carrefour, où, entre consentement et refus, l’on est tenté de faire le mort pour ne pas mourir.

In the wake of E. Cuvillier’s commentary of John 11, Pierre Isenmann suggests that the story of the encounter between Jesus and the sisters of Lazarus (John 11) opens the way for other encounters. Like Christ (in John 9), psychoanalysis is not meant to explain death, but to connect it to life. What opens to the true encounter is not a theological compendium but the tears of Jesus touched by Mary’s despair. The question of the resurrection concerns each character at the very place of their meeting. Between consent and refusal, there is a way to play dead in order not to die.

Acheter l'article

p. 99-110

Auteur

ISENMANN Pierre
Pierre ISENMANN est psychanalyste à Strasbourg.