Avant-propos

La Confessio Augustana Græca est un texte méconnu, dont l’identité de l’auteur a été contestée, dont le mode de composition n’a pas été bien repéré, et dont la pensée théologique a été extrapolée à partir de ces fondements instables.

Ce texte énigmatique révèle ses secrets quand on prend le temps de le découvrir, à travers une exploration comparative de toutes les versions de la Confession d’Augsbourg rédigées en latin et en allemand par Mélanchthon.

Il apparaît alors qu’un érudit de la période de la Réforme, Paul Dolscius, l’a construit un peu comme une anthologie, afin de proposer en grec, dans la langue des humanistes mais aussi du Nouveau Testament, l’ultime version d’une confession de foi proprement luthérienne.

Son histoire pleine de péripéties a fini par emporter ce document jusqu’à Constantinople, pour le faire entrer dans le cadre d’un dialogue œcuménique avec l’Église chrétienne orientale. Mais il représente avant tout le dernier développement de la tradition de la Confession d’Augsbourg, dont la visée orientale consistait à ramener ses lecteurs vers une orthodoxie typiquement protestante.

Ce document a donc requis une enquête philologique pour établir ses sources et ses emprunts, ainsi qu’une analyse relevant de l’histoire de la théologie pour distinguer ses objectifs et son sens. Je remercie Olivier Millet, Luigi-Alberto Sanchi et Alexis Chryssostalis pour avoir cherché avec moi un mot grec introuvable dans le vocabulaire grec byzantin, Ursula Couve et Thierry Kern pour m’avoir aidée à résoudre certaines difficultés de traduction à partir de textes allemands, Évrard Delbey pour son aide en latin, Chrystel Bernat pour le travail d’édition du texte, Christophe Singer et Guilhen Antier pour leur relecture complémentaire, Samuel Bats pour sa compétence et sa diligence dans la mise en page.

 

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Auteur

ASSAËL Jacqueline
Jacqueline ASSAËL est professeur de langue et de littérature grecques à l'université Nice Sophia Antipolis, et membre du Centre transdisciplinaire d'épistémologie de la littérature (CTEL).