Al-Gazali et le gihad. Contrepoint à la thèse d’Alfred Morabia

Concept clé de l’islam politique contemporain, le gihād revêt des aspects à la fois bellicistes et spirituels qui ont donné lieu à une étude savante d’Alfred Morabia qui a longtemps fait autorité en la matière. Morabia concluait son parcours sur les théories du gihād des quatre premiers siècles par la superposition des compréhensions et la prédominance de la dimension offensive. Si son étude inclut la pensée d’al-Gazālī (m. 505/1111), Morabia ne l’aborde cependant que de manière indirecte à partir de l’ouvrage que Laoust lui a consacré. Emmanuel Pisani propose de vérifier si les constantes dégagées par Morabia se retrouvent chez le grand revivificateur de l’islam. Il montre par ailleurs comment AL-GAZĀLĪ, sans abandonner la dimension guerrière du gihād, fonde et justifie la suprématie de sa dimension spirituelle.

Key concept of contemporary Islam politics, the gihād has aspects both bellicose and spiritual which gave rise to a learned study by Alfred Morabia, for a long time authority on the subject. Morabia concludes his study of the gihād of the first four centuries by superposing comprehension and the predominance of the offensive. His study includes the thinking of al-Gazālī (m. 505/1111), but only indirectly, through Laoust’s book. Emmanuel Pisani proposes checking if the constants pinpointed by Morabia are to be found in the great revitaliser of Islam. He also shows how al-Gazālī, while not abandoning the warlike dimension of gihād, founds and justifies the supremacy of its spiritual dimension.

p. 151-168