À rusé, rusé et demi. La contre-ruse de Putiphar en Genèse 39,19-21

En Genèse 39, la femme de Putiphar déploie une ruse raffinée de manière à obliger son époux à condamner Joseph et à démontrer sa propre bonne foi, tandis qu’elle a presque explicitement accusé son mari de complicité dans cette affaire. Apparemment, l’artifice fonctionne : Joseph est mis en prison et la femme hors de cause. Mais prêtant attention aux différents éléments du récit, Patrick Kipasa Mayifulu entend montrer que le jeu de la femme est en réalité un échec. Lorsque, en colère, Putiphar envoie Joseph en prison, c’est une contre-ruse qu’il déploie. Il met en œuvre une astuce qui consiste à faire croire à tous que le coupable reçoit le châtiment qu’il mérite, alors que la sanction est en réalité un moyen de protéger Joseph.

Cet article est issu d’une communication qu’il a donnée à Metz au colloque du RRENAB des 26-27 mai 2016.

In Genesis 39, Potiphar’s wife uses a sophisticated ruse to force her husband to condemn Joseph. Potiphar must demonstrate his good faith, since she has almost explicitly accused him of complicity in the case. Apparently, the trick works : Joseph is imprisoned and the woman is cleared. But paying attention to different elements of the story, it can be argued that the woman’s trick actually failed. When in anger, Potiphar sends Joseph to prison, he is also using ruse. Indeed, he tricks everyone into believing that the “culprit” has received the punishment he deserves, while it is actually a way to protect Joseph.

Acheter l'article

p. 661-669

Auteur

KIPASA MAYIFULU Patrick
Patrick KIPASA MAYIFULU est doctorant à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve sous la direction d’André Wénin. Ses recherches portent sur le lien entre la parole et la violence en Gn 37-39.