Rousseau était-il protestant ? Péché, justification et Écriture selon Jean-Jacques

L’essentiel de la position religieuse de Rousseau, de son néo-protestantisme, consiste à privilégier l’expérience individuelle sur la doctrine des Églises ou sur le témoignage de la Bible. S’interroger sur le protestantisme de Rousseau, ce n’est donc pas, pour Bernard Cottret, vouloir le faire entrer à tout prix dans une confession établie. La négation du péché originel ouvre un espace nouveau, à la fois politique et religieux, l’espace d’une liberté chrétienne qui se détourne de tous les énoncés dogmatiques, ou du moins qui en relativise la portée.

What is most essential in Rousseau’s neo-Protestant stance on religion is the way in which he gives priority to experience over Church doctrine or text-derived beliefs. Asking what Rousseau’s Protestantism is about is therefore different form asking into which established denomination it might fit. On these premises, Bernard Cottret argues that Rousseau’s denial of original sin reveals a new territory, both political and religious, where Christian freedom turns its back on all dogmatic statements or at least relativizes their impact.

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p. 563-580

Auteur

COTTRET Bernard
Bernard COTTRET est professeur émérite de civilisation des îles britanniques et de l'Amérique coloniale à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, membre honoraire de l'Institut universitaire de France et de l'Institut de Recherches sur les Civilisations de l'Occident Moderne (IRCOM).